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Examen de conscience de la militante découragée.

26 mai 2012
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Jean RODHAIN, "Examen de conscience de la militante découragée", Bulletin des militantes jocistes, novembre 1933.

Le démon sait bien qu’une militante jociste à qui il proposerait un énorme péché mortel, lui fermerait énergiquement la porte. C’est pourquoi il se présente à elle plus souvent sous l’apparence du bien, qui devrait déjà être réalisé, du bien qu’elle n’a pas réussi à faire et la pousse ainsi vers le découragement. Aucune tentation n’est plus excusable. Aucune n’est plus déprimante. Il faut démasquer sans retard cet « archidiable du découragement » et faire parfois porter l’examen de conscience sur ce point.

Est-ce que je ne suis pas cette militante découragée, parce que son action n’a pas ENCORE transformé les jocistes de sa fédé, de son secteur ?

… Ai-je donc lieu de perdre courage, lorsque vous me rappelez, Seigneur, qu’après trois années d’activité, vous n’aviez réussi à grouper, VOUS, le ROI des APOTRES, que quelques disciples encore si lents à vous croire…

Est-ce que je ne suis pas cette militante abattue parce qu’elle ne réussit pas AUPRES DE TOUTES ? … Alors que je devrais déjà être heureuse d’avoir pu aider UNE SEULE AME.

Est-ce qu’en face des tempéraments si variés de mes sœurs, je puis prétendre à réussir également avec chacune, si je me souviens, Seigneur, que vous aviez désigné Pierre à l’apostolat des Juifs seulement et à Paul spécialement celui des païens.

Est-ce que je ne ressemble point parfois à la militante étonnée de ses fautes, et PARALYSEE au SOUVENIR de ses FAIBLESSES…Est-ce donc étonnant que l’infirmité soit infirme, et la faiblesse faible ? N’aviez-vous prévu, Seigneur, que ma pauvre âme aurait sans cesse besoin de Vous, le Bon Pasteur, pour la remettre hors des épines, dans le vrai chemin.

Ne suis-je point souvent cette militante découragée parce qu’elle ne voit plus les échecs et les ennuis, et s’effraie de la CROIX, sans regarder Celui qui y est attaché… sans songer que le travail douloureux est le plus fécond – sans penser, que Vous, Seigneur, pour sauver les âmes, vous n’aviez pas trouvé de moyen plus infaillible que cette « charge » invisible : la souffrance.

Est-ce que je ne suis pas la militante découragée parce qu’elle s’attarde à dénombrer ses difficultés et à contempler sa misère…, alors que vous me demandez, Seigneur, de travailler et d’aller de l’avant.

Est-ce que je ne suis pas la militante qui s’inquiète parce que, ce soir, elle a la migraine, ou que l’air est lourd et le ciel orageux… alors que les IMPRESSIONS qui pèsent sur mon pauvre corps ne vous offensent pas, Seigneur, et qu’après ces lassitudes involontaires, vous savez bien que je chercherai à Vous servir mieux qu’avant.

Est-ce que je ne suis pas la militante effondrée parce que son comité ne la comprend pas, parce qu’elle se sent si seule… alors que toute l’Eglise du Christ invisiblement l’entoure et l’aide, et que le Seigneur la comprend et marche si près d’elle.

- Enfin… Et surtout :

- Dans nos sections, nous, cependant si pauvres cœurs, nous voulons que nos Jocistes sachent que nous les aimons ; nous voulons qu’elles aient confiance en nous. Nous n’admettons pas qu’elles se défient de nous…

Croyons-nous donc que le Seigneur Jésus, si aimant, est content lorsque, découragée, nous nous défions de Lui.

J. R.