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Le comité catholique de secours - Aumônerie générale

28 décembre 2012
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Jean RODHAIN, « Le comité catholique de Secours. Aumônerie générale », Messages de l’aumônerie générale, n° 20, 3 septembre 1946, p. 4.

Le Comité Catholique de Secours - Aumônerie générale

La véritable Aumônerie, elle était dans les camps, avec tous les aumôniers des Kommandos, connus et inconnus. Elle était chez les déportés, avec les abbés Giraudet ou Derry.

Vous me dites que l’Aumônerie générale, de Paris, leur a rendu quelques services. Je n’en suis pas fier du tout, et voici pourquoi.

EIIe aurait rendu cent fois plus de services, si elle avait été, bien avant juin 1940, créée, accréditée, connue et outillée. Imaginez qu’il y a cinquante ans chaque pays prenant conscience de la charité de ses catholiques ait créé une centrale de charité nationale. Imaginez que toutes ces centrales catholiques se soient fédérées internationalement. Alors, au moment d’une misère comme celle de juin 1940, cet organisme international catholique prenait automatiquement et efficacement en charge l’aumônerie des prisonniers...

Au lieu de cela, il a fallu tout créer, improviser, et se faire admettre. On nous a magnifiquement aidé, mais cela a duré des mois. Tous ont pâti de ces lenteurs.
Et si, maintenant, cette création devait à son tour finir comme un souvenir, ce serait, je le dis tout net, un échec.

Au lieu d’un monument funéraire, préférons une première pierre.
Si, au contraire ; cette institution de guerre aboutit dans la paix à une institution permanente chargée de maintenir des secours qui cherchent une coordination : secours aux militaires, aux sinistrés, aux prisons, aux malades, Missions vaticanes, etc.., alors l’expérience devient efficace et concluante.

C’est ce qui a paru opportun à l’Assemblée des Cardinaux et Archevêques qui vient de créer le « Secours Catholique » , résultant de la fusion : « Aumônerie - Comité Catholique de Secours - Secours Catholique International ».

Etes-vous déjà allé, en France, dans certains établissements pénitenciers, remettre une lettre ou un colis à un détenu indigent de droit commun, et l’avez-vous entendu vous répondre, abasourdi d’émotion : « Monsieur, depuis dix ans que je suis ici, c’est la première lettre, c’est Ie premier colis que je reçois... »

Etes-vous déjà allé écouter, dans tous les sanas, les confidences des « anciens déportés » dont on a tant parIé Ie mois de leur retour...

Etes-vous allé à travers la France, et l’Europe, et l’Indochine, mesurer la dimension de la misère cet hiver...

Etes-vous allé dans votre Évangile, relire certaines paraboles...
Vous voyez que l’ouvrage ne manque pas. Voici donc un outil qui va se mettre - pour le temps de paix - à votre service.

Continuons donc, si vous Ie voulez bien, ce travail en équipe commencé, malgré la distance, il y a six ans déjà...

Réalisons.

Bâtissons...

Jean RODHAIN, Prêtre