Vous êtes ici

Au secours

24 décembre 2013
Print

Jean RODHAIN, "Au secours !", MSC, n° 113, novembre 1961, p. 1.

Au secours

Dans SecOurS, il y a S.O.S., il y a appel.

Nous appelons, c’est vrai, avec ce numéro, « au secours » pour toutes les misères : prisonniers d’hier et de ce matin, infirmes, rapatriés ou réfugiés, enfants sans lait, et pour ce sinistre de demain qui exige que tout soit prêt avant demain : Secours indépendant, nous ne voulons rien tenir de l’État : tout tient à ce que vous nous donnerez aujourd’hui. Ces misères sont suspendues à nous, donc à vous tous.

Il est catholique, cet appel.

Certains proposent que, par habileté, nous estompions cet aspect catholique du Secours. Un faux nez laïque ne tromperait personne : nous ne sommes pas une société de bienfaisance légèrement colorée d’un peu de religion : non, c’est juste le contraire : la Croix est au centre de notre insigne. La Charité d’hier a fait fleurir la justice sociale d’aujourd’hui, mais le progrès dans l’assistance n’empêchera pas qu’un aveugle ne voie pas, qu’un amputé soit privé d’un bras, qu’un homme soit finalement mortel. « Les médecins ne te guériront pas, car tu mourras à la fin. Mais c’est Moi qui guéris et rends le corps immortel. » (1) Pascal fait dire cela au Christ parlant à chacun des hommes. Et c’est à cette lumière de ce Christ que nous voulons servir toute misère, qu’elle soit de n’importe quelle race, ou religion, ou pensée. Au service de tous, certes, mais au nom du Christ et de son Eglise certainement.

Cet appel est d’aujourd’hui

Il ne s’agit plus de rebâtir les cathédrales du XIII° siècle. Il s’agit de bâtir dans le monde de 1961 une charité aussi présente que la télévision dans une salle à manger, aussi rayonnante que l’atome dons son réacteur, aussi vaste que la faim dans ces mondes sans pain. Or, on a beau avoir des projets, des idées ou des programmes, tout finit par des factures. Trente deniers en moins fabriquent un Judas. Et le premier miracle fut à Cana, parce qu’un budget défaillant allait attrister une famille : On ne donne que ce qu’on reçoit.

A cette Journée Nationale est suspendue I’activité du Secours Catholique pendant les 364 autres jours de I’année.

Ce numéro vous parvient : après l’avoir lu, de votre décision dépendront tant de réalisations ou de refus ! Peut-on - envoyer du lait à mille enfants, ou bien faudra-t-il se limiter à cent enfants seulement ? Telle Cité-Secours fermera ses portes, chaque soir, complète dès 5 heures, ou bien pourrons-nous ajouter cinq lits en plus ?
Le feu rouge sur le cadran, l’étranglement des distributions, le stop se déclenchent implacablement d’après ce que nous recevons, et c’est normal : n’est-ce pas l’A B C de la prudence ?

Chaque. année - grâce à vous - ce stop a reculé davantage.

Et voici, pour l’hiver 1961-1962, l’heure du chèque postal, ou l’enveloppe...

Nous vous faisons confiance.

Merci.

Mgr Jean RODHAIN.