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Un très grand merci

11 décembre 2013
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Jean RODHAIN, « Un très grand merci », Messages du Secours Catholique, n° 121, juillet-août 1962, p. 2.

Un très grand merci

On raconte que le Secours Catholique a travaillé pour les rapatriés avec une certaine efficacité. Je reconnais que toutes nos équipes responsables, en province comme à Paris, sont à cette heure aux limites de la fatigue physique. C’est normal.

Mais sur cet immense chantier, je voudrais que la gratitude exprimée par les rapatriés parvienne jusqu’à tous ceux que le public ne voit pas.

La tâche du Secours Catholique a été facilitée par toutes les grandes œuvres qui ont prouvé un si bel esprit de collaboration : Croix-Rouge, Cimade, Fonds juif unifié, Armée du Salut, etc.

Et surtout, ce travail a été réussi par des collaborations, spontanées comme tout ce qui est vivant. L’automobiliste inconnu qui vient chaque soir faire gracieusement le taxi devant le Centre d’accueil. Tel groupe d’Action Catholique qui prend en charge définitivement toute la cargaison d’un avion. Tous les anonymes sans brassards ni insignes qui se sont offerts pour les tâches les plus ingrates.

Et aussi ceux qui, n’ayant pas un instant de disponible, ont voulu apporter d’une autre manière leur contribution.

Nous ne cesserons de répéter que si les siècles de foi ont laissé les cathédrales, témoins de foi et de générosité, ce siècle ne laissera aucun monument témoin de la charité. Il reste tout à faire pour que les efforts de la charité soient à la hauteur des efforts de la science et de la technique. Dans ce domaine, ne nous laissons pas griser par les phrases félicitantes : les 9/10 du travail restent à faire.

Raison de plus pour remercier tous ceux qui se privent. Les innombrables qui savent donner. Et quelle confusion pour nous à la lecture de tant de mandats où se devine la confiance que les expéditeurs font au Secours Catholique !

Hier soir, au siège social, c’est l’heure où les bureaux sont enfin fermés : il ne reste plus que la téléphoniste de garde.

Un petit vieux estropié se présente et confie à la standardiste une grosse enveloppe : « Ce sont toutes les économies de ma vie entière : je les remets au Secours Catholique pour la misère qu’il choisira ». On m’apporte l’enveloppe bien ficelée : il y avait plus d’un million. Le petit vieux avait déjà disparu.

A celui-là et à tous les autres, de tout cœur, merci.

J. R.