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A vous qui êtes sur le chantier

21 octobre 2012
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Jean RODHAIN, "A vous qui êtes sur le chantier", DS, n° 1, octobre 1961, p. 3-4

A vous qui êtes sur le chantier...

Chers amis,

Votre Comité diocésain du Secours Catholique, lorsqu’il reçoit des documents du Siège National, souhaite en obtenir de nombreux exemplaires afin que vous puissiez chacun les recevoir et les utiliser. La meilleure méthode pour réaliser ce vœu est de les grouper et de vous adresser régulièrement ces documents, d’où le titre de ce bulletin « Documents-SecOurS ».

Il contiendra, non pas des directives : c’est votre Délégation diocésaine qui est mandatée pour vous les donner, après avoir reçu celles de Monseigneur votre Évêque, mais il contiendra la documentation, l’outillage nécessaires pour appliquer ces directives.

Ce bulletin risque donc de paraître sec, comme les documents de l’étudiant, ou la salle des cartes du navigateur. Sous cette précision, sous cette sobriété, sous cette sécheresse apparente, ne nous y trompons pas, c’est au contraire tout le bouillonnement de la charité qui fermente. Autour de cet outillage, c’est votre vie de chaque instant au service de la misère, qui vient s’accrocher.

Et c’est à votre vie quotidienne que je pense en vous adressant ce premier cahier. Dans le fichier des 495.000 adhérents du Secours Catholique, vous êtes un des responsables locaux : et lorsqu’on arrive chez vous, on découvre autre chose qu’une fiche : une activité, une influence, un travail inchiffrables. Vous êtes sur la brèche. Et c’est bon signe. Les colis à fabriquer, vous savez, par expérience, le temps que cela prend. Le gant de crin des déceptions répétées, la bonne douche des critiques humaines, la ration vitaminée des tuiles quotidiennes, le contact rugueux des misères proches : tout cela vous le savez, vous le vivez. Et c’est excellent pour la santé de votre âme. Emmitouflez saint Paul dans du coton, et il n’écrira plus ses lettres brûlantes de l’amour du Christ. Un feu a besoin d’un courant d’air bien dirigé pour brûler bien. Une vie intérieure a besoin d’une activité bien centrée pour rester vive. Vous êtes sur le bon chantier, c’est vous qui êtes au vif de la vraie Charité du Seigneur des pauvres. Ayez confiance.

Un évêque d’Afrique noire vient me voir. Il me décrit le dernier sinistre qui a détruit cent cases indigènes. Vingt-quatre heures après, tous les sinistrés étaient recueillis et habillés de neuf par la Délégation indigène du Secours Catholique local.

« Voyez-vous, m’explique ce Vicaire Apostolique, chez nous on peut, à la rigueur, s’affilier à un groupement quelconque sans changer sa vie en rien. Mais, dès qu’un de nos chrétiens devient membre du Secours Catholique, ou bien il ne fait rien, et alors il est disqualifié aux yeux de tous, ou bien il porte secours réellement a ses frères et, alors, il est transformé. Le nom seul du Secours Catholique est terriblement exigeant. Et c’est la vraie valeur d’un christianisme jeune. »

En acceptant une responsabilité au Secours Catholique, vous êtes entré dans un rude engrenage qui vous prend plus que vous ne le pensiez au début.

A la Cité-Secours de Lourdes, dans la chapelle-bergerie, on célèbre chaque matin une messe pour les donateurs de la Cité.

A la chapelle du Siège National, à partir du 1er octobre, on célèbre désormais, chaque jour à midi, une messe pour vous, les responsables.

Le Secrétaire général

Mgr Jean RODHAIN.