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Nos frères les pauvres

02 août 2017
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"Nos frères les pauvres", Disque 33 tours "Nos frères les pauvres", verso de la pochette. 1964.

Nos frères les pauvres

Au dernier Concile 1869 la machine à écrire était inconnue. Les secrétaires du Concile écrivaient tout à la main, et sur chaque table, un petit pot de faïence rempli de sable fin servait à sécher l’encre de la page remplie.

Mais au Concile actuel, les machines électroniques traduisaient en onze minutes les milliers de bulletins de vote. Je suis demeuré au milieu de cette machinerie silencieuse au moment où transistors et cellules photo-électriques analysaient les votes définitifs sur le schéma de la liturgie pour proclamer en un clin d’œil que 2 147 Pères approuvaient ce texte tandis que 4 seulement s’y opposaient. J’étais émerveillé de voir travailler cet outillage moderne. Ni nos préfectures, ni la plupart de nos administrations françaises ne l’ont encore adopté.

Cet outillage, fourni par cette Curie Romaine que nos Gribouilles taxent de retardataire, travaillait dans Saint Pierre de Rome. J’étais émerveillé de découvrir enfin un aspect du progrès au service de l’Église, et j’y voyais un présage de ce qui allait se réaliser au service des plus pauvres.

- Au lieu de distributions saupoudrantes et chevauchantes, enfin un travail d’avenir. Plutôt que de distribuer cent pommes, ne vaut-il pas mieux planter un pommier ?

- Au lieu d’un colis apporté au vieillard, ne vaut-il pas mieux réformer les institutions et les lois qui lui procurent une retraite substantielle ?

- Au lieu de 35 000 œuvres dispersées, enfin une coordination.

- Au lieu de rêvasser sur des enluminures antiques, ne vaut-il pas mieux regarder aussi la misère cachée, la misère actuelle de l’hôpital et de la prison.

C’est ce travail que le Secours Catholique essaie de faire avec quelques autres organisations charitables de diverses confessions.

Dans ce travail au service de la misère, il s’agit d’abord de voir la misère, la misère véritable.

L’observation exacte, l’enquête méthodique est indispensable. Voici donc quelques témoignages précis :

Je vois venir maintenant un immense cortège. C’est le Cortège qui vient du Lac de Tibériade, le cortège des milliers de bonnes volontés disponibles qui avouent comme au temps de Notre-Seigneur : « Jusqu’ici personne ne nous a embauchés ».

Et j’ose leur annoncer : la misère vous attend, vous appelle. On embauche sur les chantiers de la Charité.

Mgr Jean RODHAIN.