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Charité à l'heure d'aujourd'hui

30 août 2017
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Jean RODHAIN, « Charité à l'heure d'aujourd'hui », Documents-Secours, n° 14, janvier 1966, p. 3-4.

Charité à l'heure d'aujourd'hui

Il y a trente ans, l'admission à titre officieux d'un représentant de l'Église auprès d'un organisme international comme le B.I.T. faisait l'objet de pourparlers interminables. De part et d'autre, de nombreux négociateurs considéraient ce projet comme insoluble et périlleux.

En 1965, le Pape parle à l'O.N.U., et on estime à 100 millions d'hommes la masse des téléspectateurs qui ont regardé et écouté cette éclatante manifestation.

C'est l'image de l'Église présente dans le monde international.

Plusieurs textes promulgués au Concile précisent le devoir des chrétiens dans ce travail international.

Et spécialement chacun des responsables d'une action charitable dans l'Église ne peut ignorer en 1966 ce travail international.

Il y a vingt ans, se réunissent plusieurs pays, pour fonder une Internationale de la Charité[1]. La réunion est présidée par celui qui deviendra S.S. Jean XXIII.

Les statuts ont été mis au point par celui qui deviendra S.S. Paul VI. Et ceci se passe à Paris. Et sur l'initiative du Secours catholique français. Voilà peut-être une raison de plus de nous sentir tous et chacun concernés par ce problème.

Et voilà pourquoi ce numéro est consacré à certains aspects de l'action charitable au niveau international.

Il ne s'agit pas d'un répertoire de toutes les activités multiples de la charité internationale.

Il s'agit seulement de ce qui nous concerne directement.

Conclusions pratiques.

Primo.

Vous avez dans votre diocèse une famille qui part en Argentine, ou un « cas » qui échoue dans une prison d'Espagne. N'écrivez pas à toutes les autorités mondiales. Tenez compte des structures établies. Adressez-vous à la Caritas argentine ou à la Caritas d'Espagne.

Vous recevez une demande pour un village dévasté au Pérou : demandez au Service Relations Internationales, 106, rue du Bac, de vérifier les dimensions exactes du désastre et d'enquêter pour savoir si ce village, dévasté il y a trois ans, n'a pas déjà reçu de quoi être trois fois reconstruit.

Secundo.

On se représente très bien « les chrétiens dans les Catacombes de Rome ». On imagine volontiers « les moines défrichant les forêts de la Gaule ». On évoque avec émotion « saint Vincent de Paul galérien sur les rivages d'Algérie ».

C'est émouvant, c'est de l'histoire. C'est aussi de l'archéologie. C'est facile.

Pourquoi ne pas, aussi, vivre en 1966 ?

Pourquoi ne pas crier pour que ces cheminements souterrains dans l'Église, pour que ce défrichement des préjugés, pour que ces initiatives du Pape d'aujourd'hui aboutissent à témoigner aux nations entières de la charité de l'Église et de la charité du Christ, ce qui est tout un.

Jean RODHAIN,

Président de Caritas Internationalis.

 

 

[1] Voir historique, page 11.