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Aimer c’est partager

28 décembre 2015
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« Aimer, c’est partager », Messages du Secours Catholique, n° 224, novembre 1971, p. 1.

Aimer, c’est partager

Annette, neuf ans et demi, est conduite à la foire : sa tirelire personnelle lui permet le luxe de trois tours de manège. Elle regarde tourner les chevaux de bois avec leurs clochettes, le cygne doré tout rutilant et le petit carrosse avec ses glaces biseautées. Elle regarde. Au bout d’une heure elle rentre à la maison et pose son trésor sur la cheminée : « Non, on ne peut aller au manège quand les enfants pakistanais meurent de faim. Ce sera pour eux. »

Aimer, c’est partager.

Dans le courrier qui arrive au 106, les comptables sont étonnés par un chèque postal : « Liste de mariage M.P., un service à dessert, 350 Francs pour La Briche. » Ils sont encore plus intrigués de voir arriver dans le courant du mois, quatorze autres chèques : « Liste de mariage M.P. pour la Briche » avec la valeur d’un sucrier, d’un foulard de soie et d’un service à thé. Nos services administratifs commencent à prendre l’affaire au tragique. Tout s’éclaire enfin par une délicieuse lettre de M. et Mme M.P. : « Nous venons de nous marier. A tous nos parents et amis qui nous ont proposé un cadeau à choisir sur une liste de mariage, nous avons répondu par un choix précis en leur demandant d’envoyer la valeur du cadeau choisi au Secours Catholique pour la Briche : ces femmes abandonnées avec enfants, nous devons y penser tandis que nous sommes tout à la joie de fonder un foyer. »

Aimer, c’est partager.

Ce collégien doit choisir : l’anglais ou l’allemand lui ouvriront des carrières commerciales. Mais finalement il regarde l’avenir sous un autre angle : dans mon département, il n’y a pas de travailleurs anglais, ni allemands. Mais il y a 13.890 migrants portugais. Je veux pouvoir leur rendre service. J’apprendrai le portugais.

Aimer, c’est partager.

« S’étant assis face au Trésor, Jésus regardait la foule mettre de la petite monnaie dans le Trésor, et beaucoup de riches en mettaient abondamment. Survint une pauvre veuve qui y mit deux piécettes, soit un quart d’as. Alors, il appela ses disciples et leur dit : « En vérité, je vous le dis, cette pauvre veuve a mis plus que tous ceux qui ont mis dans le Trésor… » (Marc, XII, 41-44).

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