Vous êtes ici

Le carnet de Sidoine - 72-07

15 février 2013
Print

Jean RODHAIN, "Le carnet de Sidoine", MSC, n° 232, juillet-août 1972, p. 2.

Le carnet de Sidoine

Question 1

- Dans le dernier numéro de « Messages », on Parle de cinq Religieuses Franciscaines martyrisées en 1900. Or, je lis dans une brochure qu’il y a eu sept martyres. Pourquoi cette erreur ? Quel est le chiffre exact ?

Réponse :

- L’article de « Messages » est consacré uniquement à celles des religieuses qui provenaient de la maison de Vanves. Elles étaient cinq, deux autres Franciscaines Missionnaires de Marie provenant d’autres maisons furent massacrées avec elles le 9 Juillet 1900. Total . sept religieuses. Et dans ce massacre, il faut compter aussi ce jour là leur évêque franciscain, Mgr Fogolla, parti de Paris avec elles et arrivé en même temps à Tai-yuan-Fou. Total : huit Martyrs.

Question 2

- Une enquête récente a prouvé qu’un ménage français sur deux possède une automobile. Et la proportion des postes de télévision ne cesse d’augmenter ainsi que celle des réfrigérateurs. Or, je trouve que « Messages » n’insiste pas assez sur les progrès actuels de l’humanité.

Réponse :

- C’est exact. L’explication vient des enquêtes que nous faisons au Burundi (voir page 4) au Vietnam (voir page 4) et chez les Biharis (voir page 5).

Question 3

- Je suis scandalisée de lire dans la presse qu’une vente aux enchères s’est tenue à Versailles au profit de la lutte contre la faim : on y a vendu des bouteilles de vins rarissimes à des prix astronomiques. Ceux qui ont les moyens de s’offrir des boissons à ce prix croient-ils aider le Tiers Monde ?

Alors, je pose deux questions :

1° Que penser de ceux qui croient aider le Tiers Monde en s’offrant des boissons de super-luxe ?

2° Quelle est la participation du Secours Catholique dans cette opération ?

Réponse :

1° Je pense qu’il s’agit ici non d’un partage, mais d’une caricature du partage, Partager c’est tout autre chose

2° Aucune participation.

Question 4

Avouez donc que la Charité est aujourd’hui, en 1972, une notion bien dépassée.

Réponse :

Je n’avoue rien.

L’architecture est-elle en 1972 une notion dépassée sous prétexte qu’on utilise le béton, plutôt que la pierre de taille ? Qu’il s’agisse des pyramides d’Égypte ou des cathédrales gothiques, ou de la tour Montparnasse, ces édifices divers restent des problèmes d’architecture. Le matériau varie, la technique se perfectionne, mais l’architecture demeure.

De même pour la Charité. Ses moyens varient, son champ d’application s’amplifie, mais la notion demeure : la Charité est une réalité.
Dès qu’on abandonne l’emploi des termes exacts, on abandonne du même coup les idées.

L’homme de 1972, qui fait du 160 avec sa voiture, exige pour cette voiture des pièces exactes au millimètre près : mois il recule devant certains mots exacts et il tremble de les employer. Rapide comme un lièvre, cet homme moderne est peureux comme un petit lapin.