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Des gestes concrets

24 octobre 2012
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"Des gestes concrets", MSC, n° 267, novembre 1975, p. 10.

Des gestes concrets

Quelque part en Europe se tenait hier un important Congrès. Une brusque coupure d’électricité plongea l’assemblée dans la nuit et le silence. Les musiciens de l’orchestre ne pouvaient plus lire leurs partitions et les orateurs privés de micros restaient sans voix. En un instant toutes les éloquences et tous les discours furent ramenés à zéro. Ils y restèrent tant qu’un ouvrier n’eut pas rétabli par des gestes concrets cette alimentation électrique. Le bon La Fontaine aurait, avec cet incident, fabriqué une fable moderne. Il nous aurait rappelé que les plus excellents des discours ne sont que du vent s’ils ne sont pas traduits en gestes concrets.

Depuis l’Évangile on a tout proclamé et tout expliqué et de 36.000 manières, sur l’amour du prochain. Qu’en est-il de la traduction concrète ? « Ce que je reproche aux chrétiens disait Jaurès, ce n’est pas leur doctrine : c’est qu’ils ne l’appliquent pas. »

La Journée Nationale du Secours Catholique est un rappel : deviner les besoins des plus petits. Mais pendant cette route de trois cent soixante-cinq journées de l’an nouveau, il s’agit de traduire concrètement ces services à rendre. Cela s’appelle Micro-réalisations ou visites à l’hôpital, Colis de Noël ou démarche à la Mairie, chèque postal ou bien parole d’encouragement : ni perplexité, ni rêverie.

Le concret c’est la découverte des besoins du prochain : « Passez une journée à la Délégation diocésaine du Secours Catholique et vous verrez défiler des cas, inextricables, les plus inattendus, les moins repérables. Des Cas ? Non, des personnes. Vous voulez changer la société ? Oui, mais celui qui meurt de faim ne peut attendre. Alors ? »

L’attention au prochain conduit à inventer. Une Charité qui n’invente pas, elle piétine, elle n’avance plus.

J. R.