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Préface - Toute la nuit on danse

24 octobre 2012
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Préface de : MERIAN, Pierre. Toute la nuit on danse : autour d’un puits au Sahel, les micro-réalisations au service du développement. Paris, SOS, 1975.

Préface

Le dernier rapport de la Banque Mondiale pour le Développement préconise le retour à des réalisations agricoles à petite échelle de préférence aux vastes projets qui n’ont en fait privilégié qu’une minorité de bénéficiaires.

Or voici qu’un paysan d’Île-de-France part visiter les villages calcinés par le soleil ou noyés par les pluies équatoriales où vit la masse africaine.

Le long des pistes cahotantes, à l’écoute des militants noirs et des missionnaires, il a pu découvrir, derrière les micro-réalisations du Secours catholique, comment le développement dans le tiers-monde est d’abord un travail « au ras du sol ».

De par son métier, Pierre Merian était plus qualifié que quiconque pour juger des problèmes de la technique agricole au niveau de ces villages et de l’aide « au ras du sol ».

Et il rejoint dans ses conclusions les économistes qui affirment que c’est là, et non ailleurs, que se trouve la clef de ce développement du tiers-monde qui fait couler tant d’encre.

Convaincu que l’agriculture n’est pas un métier mais « un genre de vie », il a su dépasser la pure technique, et comprendre dans l’essentiel l’âme, la vie et les besoins du paysan de la brousse africaine.

Pierre Merian nous le fait mieux comprendre et aimer, ce paysan, dans un livre dont le titre joyeux surprendra ceux qui ont encore en mémoire les images atroces de cette sécheresse dramatique qui a suivi de peu son voyage : Toute la nuit on danse !

Et cependant ce titre surprenant correspond à une réalité : cette réalité c’est la joie de ceux qui, dans la brousse, ont fait ensemble un pas en avant pour sortir de la misère...

En homme de cœur, en humaniste chrétien, Pierre Merian nous dit cette joie et s’efforce de nous faire comprendre que le problème du tiers-monde, avant que d’être un problème de matériel et d’équipement, est d’abord et surtout un problème humain - celui de la formation humaine au niveau des villages - celui des liens de charité entre les hommes.

Jean RODHAIN