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Le carnet de Sidoine - 76-04

21 octobre 2012
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"Le carnet de Sidoine", MSC, n°272, avril 1976, p.2.

Le carnet de Sidoine

Question 1
- J’apprends qu’un journal aurait révélé qu’en France une grosse part du pain produit était gaspillé. Pouvez-vous nous dire si cela est exact ?

Réponse :
- Cela est malheureusement exact : on estime qu’en France le tiers de la production des boulangeries reste inutilisé aussi bien dans les restaurants que chez les particuliers. Ce gigantesque gaspillage correspond à la perte sèche d’un million de tonnes de céréales par an. Ces chiffres sont donnés par P. Viansson-Ponté dans un article intitulé « Produire pour détruire » où figurent aussi les tonnages de lait, beurre, fruits actuellement gaspillés en Europe (« Le Monde » du 14-3-1976).
En face du tiers-monde, le public de 1976 ouvre difficilement les yeux. Je prétends que celui qui explique patiemment à des enfants les versets de l’Évangile sur le jugement final : « J’avais faim et vous m’avez donné à manger », celui-là accomplit un travail plus utile que cent discours...

Question 2
- Pour le Sahel, « Messages » propose justement l’envoi d’aliments pour enfants. Mais je ne suis pas d’accord avec les prix indiqués. Dans mon quartier, je trouve des produits équivalents à un tarif moindre.

Réponse :
- Nous obtenons à l’achat en France un tarif encore plus bas que celui de votre fournisseur détaillant parce que nous faisons des achats en gros. Mais il nous faut payer la mise en container et le transport par cargo et ensuite par camion ou avion pour livrer au Tchad ou en Ethiopie, plus les honoraires des transitaires en douane. Les prix indiqués dans « Messages » englobent donc aussi le coût du transport jusqu’au Sahel.

Question 3
- J’ai placé dans mon quartier 60 de vos almanachs. Et déjà on me demande quand paraîtra le prochain. Comment le savoir ?

REPONSE :
- L’almanach « Message 1977 » est en cours de fabrication. Il paraîtra le 1er juillet prochain.

Question 4
- Quelle liaison entre le Secours Catholique et la Commission Justice et Paix ?

Réponse :
- Il existe des liaisons personnelles, sur plusieurs plans :
A la Commission pontificale Justice et Paix (Rome), siège M. de Rosen, administrateur du Secours Catholique.
A la Commission française, siège Mgr Rodhain, président du Secours Catholique.
Dans quelques diocèses français il existe une commission Justice et Paix avec parfois un représentant du Secours Catholique (diocèse de Paris).

Question 5
- « Messages » - avec d’autres journaux - fait état de la situation inquiétante de nombreux habitants du Cambodge contraints à des travaux forcés dans des conditions très dures. D’où peut-on obtenir ces renseignements ?

Réponse :
- Deux sources
Primo. - La radio de Phnom-Penh émet 3 fois par jour de 6 h à 7 h, de 11 h à 12 h et de 2l h à 22h sur 61 et 327 mètres.
Secundo. - Les réfugiés. Il suffit d’interroger ceux qui arrivent à Roissy...

Question 6
- « Messages » ne pourrait-il pas publier une statistique sur la charité en France avec répartition chiffrée par département ?

Réponse :
- Certainement pas. Car qui donc saurait mesurer ou chiffrer la charité véritable ? A côté d’une institution avec façade sur la rue il y a les milliers de gestes d’entraide dans le quartier, les continuels dévouements qui forment le vrai trésor des communautés chrétiennes. Et tout cela ne parait pas. Et tout cela échappe aux sondages d’opinion. Mais seul le Seigneur compte ces charités dans le secret.

Question 7
- Pendant le drame du Biafra on a souvent cité un aviateur suédois qui avait affrété et piloté lui-même des avions pour ravitailler les enfants menacés par la famine. Savez-vous ce qu’il est devenu ?

Réponse :
- il s’agit du comte von Rosen. Il travaille actuellement en Ethiopie au secours des victimes de la famine en employant la méthode du « dropping » utilisée par les Allemands pour ravitailler les défenseurs encerclés de Stalingrad.
Pour atteindre les vallées profondes de Kaffa et du Godjam, il n’existe pas de piste d’atterrissage. La cargaison est suspendue sous les ailes de l’avion par des crochets dont l’ouverture est commandée électriquement par le pilote. Pour éviter un choc fatal la cargaison sans parachute ne doit pas être lancée de plus de 10 mètres du sol.
Le comte von Rosen pour réaliser ce travail d’acrobatie utilise un appareil suédois, le S.A.A.B. Safari monomoteur. Cet appareil lent, tous volets sortis, peut à 10 mètres du sol survoler la zone de dropping à 100 km heure. A chaque passage il peut larguer 250 kg. A titre d’exemple, dans la journée du 20 juin dernier, le comte von Rosen a exécuté 21 vols lui permettant de larguer 5040 kgs de vivres (d’après « Aviation 2000 » décembre 1975).