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La mission du Secours Catholique - Caritas France s’inscrit dans la charte de la solidarité et de la diaconie de l’Église en France

28 mai 2018
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Luc Dubrulle, Chaire Jean-Rodhain

Faculté de théologie. Université Catholique de Lille

Février 2018

Mission

La mission du Secours Catholique - Caritas France s’inscrit dans la charte de la solidarité et de la diaconie de l’Église en France.

Fondée sur l’Évangile, la mission du Secours Catholique - Caritas France est une mission d’amour et d’éveil à la solidarité, en France et dans le monde.

Ses acteurs :

1 appellent toute personne à s’engager pour vivre la rencontre, l’entraide et la joie de la fraternité ;

2 renforcent les capacités de tous à agir pour que chacun accède à des conditions de vie dignes ;

3 luttent contre les causes de pauvreté, d’inégalité et d’exclusion et proposent des alternatives,

au service du bien commun.

Jean Rodhain : c’est une mission à nous confiée…

http://www.fondationjeanrodhain.org/jean-rodhain-textes-de-jean-rodhain/1962/cest-une-mission-nous-confiee

Une mission « fondée sur l’Évangile » : trouver toutes les occasions de manifester ce fondement… par des symboles… ex. un grand Evangéliaire bien disposé dans les rencontres importantes du Secours catholique, de telle sorte que

. ceux qui connaissent puissent sans cesse faire le lien… repérer, retrouver cette fondation…

. ceux qui ne connaissent pas puissent interroger et obtenir des réponses…

… et puis raconter l’Évangile… car il y a des ressources pour vivre la mission… et cela peut parler à tous !

L’Évangile n’est pas réservé aux croyants.

Une mission reçue. Une mission est toujours reçue par quelqu’un qui la donne. Là aussi trouver toutes les occasions pour manifester le don de la mission et sa réception.

Le don de la mission est à la fois dans :

. le mandat ecclésial (ex. présidents des délégations diocésaines… idem au plan national)

. l’argent confié par les donateurs

. les personnes en précarité qui appellent… la misère est en soi don d’une mission par Dieu (Mt 25)

Une mission d’amour.

L’amour est en même temps la cause de la mission, son objet, et sa finalité.

La cause : c’est l’amour de Dieu qui est la cause. Amour de Dieu qui remplit et équipe a priori, mais amour de Dieu donné en creux dans le feu de l’action qui appelle.

L’objet : en tout, il s’agit d’aimer, en vérité. Tout ce qui figure dans le projet est déclinaisons de l’amour. L’amour se décline et se conjugue en bien des modalités, admirablement décrites dans tout le texte.

La finalité : c’est la vie de l’humanité dans l’amour de Dieu.

La mission a quelque chose de très mouvant, de très élastique… de mobile… de sortie…

Dans les diverses actions des acteurs du Secours, et jusque dans la réciprocité, dans la circulation, dans la vicinalité, l’amour de Dieu se donne se vit…

Peut-il être reconnu, confessé comme amour de Dieu ?

Les 1, 2, 3 renvoient à l’énoncé sur le projet (voir ci-dessus)

1. Dans la joie de l’entraide et de la fraternité

2. Dans la capacitation à l’action : c’est une déclinaison contemporaine de « la charité, forme de toutes les vertus » ; c’est aussi le réveil des « chômeurs de la charité » ; c’est la « charité enkylosée ».

3. Dans la lutte contre les causes de pauvreté : c’est la « charité sociale », « l’amour social et politique » dont parle le pape François. J’aime bien la proposition d’alternatives au service du bien commun : c’est l’Église tête chercheuse : la mission d’amour est une mission inventive, parce que l’amour est créateur et source d’invention.

Quelles sont les ouvertures qui permettent à ceux qui le veulent de reconnaître ces pratiques comme amour de Dieu, de reconnaître le corps aimant, reconnaître ce « à ce qu’ils s’aiment les uns les autres », vous reconnaîtrez mon amour…

Il faudrait pouvoir à certains moments reprendre toutes ces pratiques dans la mission d’amour, et y reconnaître l’amour véritable !

L’enjeu est de devenir ainsi pour le monde un modèle d’amour. Un "modèle" au sens opératif du terme, qui offre de multiple solutions par la modèlisation. De sorte que le Secours se comprenne et soit compris comme service de l’amour de Dieu au cœur des fragilités contemporaines...

Et donc dans l’action, être emprunt de ce + de l’amour qui fait que non seulement on aime, concrètement (par des modalités et des manières admirablement décrites dans toutes ces pages), on fait ce qu’il faut faire et bien faire, mais avec ce + de l’amour qui fait qu’on s’ouvre à ce surplus d’amour qui nous entraîne dans un mouvement, dans une mission qui vient de Dieu et va vers Dieu, vers le tout amour de l’humanité en Dieu.

Le + est le refrain de l’amour.

Par l’Incarnation, le Fils a tracé une trajectoire de l’amour... et la "mission d’amour" se comprend dans cette trajectoire.

Il s’agit donc d’insérer tous les actes d’amour dans le mouvement de l’amour, de telle sorte que cela en génère toujours plus, avec plus de vérité et donc d’efficacité... « un amour riche d’intelligence » et « une intelligence riche d’amour » (Caritas in veritate)

Sûrement la messe est le lieu-clé pour cela.

Jean Rodhain disait que celui qui se laisse prendre dans la messe, celui-là, il aimera... au sens très fort de cet amour humano-divin... qui fait reculer les limites...

La mission d’amour est un souffle... en définitive, c’est l’Esprit.

L’Esprit est mission d’amour.