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Si tu as la charité, tu as Dieu. St Césaire d'Arles

14 janvier 2019
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Frères bien-aimés, si nous pouvions nous offrir plus souvent à votre chère présence, il nous serait possible, avec l’aide du Christ, et en puisant aux sources abondantes des saintes Écritures, de répandre dans vos âmes, sinon de larges ruisseaux, du moins quelques pauvres gouttes ; de cette façon, la terre riche et fertile de votre cœur, ayant reçu la pluie de la parole de Dieu, pourrait produire une abondante moisson de bonnes œuvres ; ainsi le Maître, en venant dans le champ de votre âme, se réjouirait de trouver un rendement de trente, que dis-je, de soixante et même de cent pour un, récolte pour laquelle il prépare une grange dans le ciel, et non le feu de l’enfer. Mais puisque nos multiples occupations nous en empêchent, si nous, votre humble serviteur, ne pouvons-nous rendre présent aussi souvent que vous le désireriez, nous avons l’intention de vous expliquer dans notre homélie, avec la permission de Dieu, quelque chose de court, mais de suffisamment important pour son utilité spirituelle ; dans cette brièveté, si vous faites bien attention, vous pouvez trouver ce qui convient à votre âme.

Quelle est donc cette chose, courte certes, mais si importante qu’elle pourrait suffire à l’humanité ? L’Apôtre le dit : « Le but de ce précepte, c’est la charité qui part d’un cœur pur, d’une conscience bonne et d’une foi sincère » (1 Tim 1, 5). Attention, mes frères ! Que peut-on trouver de plus magnifique dans la réalité que cette charité partant d’un cœur pur, d’une conscience bonne, d’une foi sincère ? Ces brèves paroles ont assez de charme pour être retenues par cœur, assez de douceur pour être gardées fidèlement. Quoi de plus doux que la charité, frères bien-aimés ? Celui qui l’ignore, qu’il goûte et qu’il constate. Que doit-il donc goûter, celui qui désire que la douceur de cette charité se fasse sentir de lui ? Écoutez, frères, la parole de l’Apôtre : « Dieu est amour » (1 Jn 4, 8). Quoi de plus doux, mes frères ? Celui qui l’ignore, qu’il écoute le psalmiste : « Goûtez et voyez combien le Seigneur est bon » (Ps 33, 9). Dieu donc est charité, et celui qui a la charité, Dieu demeure en lui et lui en Dieu (cf. Jn 6, 57 ; 1 Jn 4, 15).

2. Si tu as la charité, tu as Dieu ; et si tu as Dieu, que ne possèdes-tu pas ? Le riche, s’il n’a pas la charité, que possède-t-il ? Le pauvre, s’il a la charité, que ne possède-t-il pas ? On croit peut-être qu’il est riche, celui dont le coffre est plein d’or, et qu’il n’est pas riche, celui dont la conscience est pleine de Dieu. Non, mes frères ; celui-là seul se voit vraiment riche en qui Dieu daigne habiter. Que pourras-tu en effet ignorer des Écritures, si c’est la charité, c’est-à-dire Dieu, qui a pris possession de toi-même ? Quelles bonnes œuvres ne pourras-tu accomplir, si tu as mérité de porter en ton cœur la source des bonnes œuvres ? Quel adversaire craindre, si tu as mérité d’avoir en toi Dieu lui-même comme roi ? Retenez donc bien et gardez, frères bien-aimés, le doux et salutaire lien de la charité. Mais, avant toutes choses, gardez la charité vraie, non celle que l’on promet seulement en paroles sans la conserver dans son cœur, mais celle qui s’exprime par notre bouche tout en étant sans cesse présente à notre cœur. De cette façon se réalisera en nous la parole de l’Apôtre : « Enracinés et fondés dans la charité » (Éph 3, 17) : dans la charité, il n’y a jamais rien de mal, inversement dans la cupidité on n’a jamais rien trouvé de bon. (...)

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