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L’habitat partagé : approche par les sciences de l’homme et de la société

09 octobre 2017
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L’habitat partagé :

approche par les sciences de l’homme et de la société

Pierre Depardieu

Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative (UMR 7186-LESC)

ComUE Université Paris-Lumières

Université de Nanterre 

CNRS

L’idée de faire cohabiter, sous un même toit, des personnes d’horizons divers à des fins d’amélioration des conditions de vie des plus vulnérables est une innovation conséquente. En faisant partiellement sauter la distinction entre le « chez-moi » et le « chez-l’autre », elle semble donner le terrain nécessaire à réduire la distance séparant des conditions très divergentes. Elle résonne en outre comme un appel à la notion d’hospitalité (même s’il n’est pas toujours facile de dire qui accueille qui en réalité) qui convient bien à une certaine tradition chrétienne, marquée par les diverses situations d’accueil dont est parsemée la Bible.

Je me charge aujourd’hui de faire quelques remarques inspirées par les sciences de l’homme et de la société afin de contribuer à la discussion entre les initiatives diverses qui sont représentées ici[1]. Pour introduire cette journée sur l’implication des chrétiens dans l’habitat partagé, je développerai mon propos en deux temps : une première partie consistera en un inventaire (sans doute non-exhaustif) des initiatives existant à ce jour ; une seconde partie entamera une proposition rudimentaire d’analyse.

Précautions terminologiques : je parlerai d’« initiatives d’habitat partagé » pour désigner l’ensemble des formes de cohabitation qui nous intéressent aujourd’hui, et de « colocations solidaires » pour désigner le cas spécifique des colocations impliquant sous un même toit bénévoles et personnes-cibles[2]. Ce n’est pas que ces termes me satisfassent. Quelle colocation n’est pas un minimum solidaire ? Quel habitat collectif n’est pas forcément partagé ? Ils soulignent toutefois le point commun à toutes les initiatives qui nous intéressent aujourd’hui : elles partent d’une méthode, celle de rassembler des gens divers sous un même toit.

Retrouvez la suite de ce texte en intégralité en pièce-jointe.

 

© Crédit Photo : Fondation Jean Rodhain

[1] Ce texte a été présenté lors de la journée « Sous le même toit : les chrétiens dans l’habitat partagé » organisée le 3 octobre 2017 par la Conférence des évêques de France dans le cadre de sa démarche « Église en périphérie », en partenariat avec la Fondation Jean Rodhain. L’auteur tient à remercier les organisateurs pour leur invitation, ainsi qu’Étienne Grieu pour la relecture qu’il a bien voulu faire de la première version de ce texte.

[2] À défaut d’un meilleur terme, je désigne par « personnes-cibles » les publics spécifiquement visés par ces initiatives dans leur perspective de travail social.

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