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Il ne s’agit pas d’une invention personnelle

24 juillet 2013
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Jean RODHAIN, "Il ne s’agit pas d’une invention personnelle", Bulletin de liaison du Secours Catholique, n° 9, 15 septembre 1947, p. 1.

Il ne s’agit pas d’une invention personnelle

- France, pays d’inventeurs c’est vrai, non seulement en mécanique et chimie, mais en apostolat. A un « Concours Lépine » de la vie spirituelle, des centaines de stands ne suffiraient point à caser le fourmillement actuel des ecclésiastiques ou laïcs, inventeurs de mystiques ou de confréries, d’œuvres ou d’idées. Chacun, saisi par une frénésie de fondations, expliquerait avec preuves à l’appui, que son idée est nouvelle, qu’elle est féconde, et présenterait une série d’applications bien étiquetées sur le plan de la paroisse, ou du diocèse, ou du milieu.

- Cet admirable génie inventif risque d’entraîner des bonnes volontés, généreuses mais écervelées derrière des projets basés sur l’imagination seule.

- Répétons-nous sans cesse : De quoi s’agit-il ? De quelles réalités contrôlables parlons-nous ? Quels sont les fruits réels de cet arbre ? Cette œuvre est-elle d’abord voulue du Seigneur ? Est-elle dans le sens de l’Église ? Tout est là.

- Or, depuis des années, nous constatons dans l’Église, un mouvement de « reprise » en face du danger. En face du rationalisme, elle a remis en relief au XIXème siècle ses principes divins. Résultats ?... Des essors multiples.

- Essor dans le domaine des missions (en cent ans, le nombre de ses missionnaires a décuplé).

- Essor dans le domaine du Laïcat (c’est toute l’Action Catholique).

- Essor dans le domaine de la Liturgie.

- Un renouveau dans le domaine de la Charité sera donc dans la mouvance d’ensemble de l’Église. En face des dimensions nouvelles de la misère, elle cherche à établir des secours de dimensions adaptées.

- LE SECOURS CATHOLIQUE n’est donc pas le fruit d’une invention personnelle. C’est le fruit actuel d’une sève ancienne sur l’arbre du bien, d’une sève animée d’un mouvement, avec des automnes et des printemps, Et nous sommes à un printemps de l’Église. Prendre conscience de cette poussée de sève, de ce besoin de secours, de cet appel à l’Unité dans la Charité, c’est aboutir au Secours Catholique.

- Quel réconfort pour chaque membre d’une délégation diocésaine de sentir qu’il est lui-même à l’avant garde, et dans le sens exact de la tradition et des réalisations de l’Église en travaillant pour le Secours Catholique, et -bien entendu- pour cette journée du 12 octobre qui, pour chaque délégation, sera décisive.

Le Secrétaire Général

Abbé Jean RODHAIN