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Tous ensemble acteurs de la diaconie : une mission commune et une mission spécifique des « pauvres »

06 novembre 2017
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Tous ensemble acteurs de la diaconie : une mission commune et une mission spécifique des « pauvres »

Retrouvez le texte dans son intégralité en pièce-jointe ci-dessous.

 

PREMIERE PARTIE : UNE MISSION COMMUNE

Nous sommes aujourd’hui réunis dans cette première Université de la solidarité et de la diaconie pour chercher ensemble comment mieux servir la fraternité. Le mot « ensemble » est très important, il est souligné dans le mot d’introduction des personnes qui ont préparé cette Université. Cette assemblée est en elle-même le signe d’une conviction profonde : pauvres ou riches nous sommes tous concernés par ce service de la fraternité. Mais quelles sont les racines ou sources de cette mission commune ? Comment penser cette mission commune ? Ces deux questions font la trame de cette première intervention.

 

  1. Quelles sont les racines ou sources de cette mission commune ?

Pour tous, indépendamment de notre foi en Dieu, nous partons de la conviction que tous les êtres humains ont une égale dignité. Peu importe notre statut social, ou notre culture. Nous adhérons tous ici présents à  la déclaration universelle des droits de l’homme (1948). Son article premier dit ceci : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité[1] ». Mais nous savons bien que si tous les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droits, les contextes sociaux  peuvent accentuer des inégalités d’accès aux droits au logement, à l’éducation, à la santé... C’est pourquoi la Déclaration exprime la nécessité d’une décision qui est à la fois morale et politique : « les êtres humains doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ». Cela signifie que nous sommes tous appelés à servir la fraternité, à la décider dans nos relations interpersonnelles mais plus largement dans nos actions sociales pour la construire concrètement.

Pour ceux qui sont croyants en Dieu, une autre source se trouve dans notre foi en un Dieu Créateur et Père de toute l’humanité.

Nous croyons que nous avons été créés à son image et à sa ressemblance (Gn 1, 26 : « Dieu dit faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance ») que nous soyons riche ou pauvre, homme ou femme. Notre dignité est d’ordre théologal, il y a du « sacré » dans tout être humain, ou comme le dit le texte introductif « L’être humain est très cher aux yeux de Dieu ». Donc, nous devons tout faire pour ne pas défigurer les êtres humains. De plus, si notre humanité est à l’image et à la ressemblance de Dieu cela implique que chacun possède une capacité d’action et de créativité qui nous rend co-créateur, ou plus modestement coopérateur[2] de Dieu pour que la vie soit foisonnante (cf. Gn 1, 28). Tout être humain a la capacité de contribuer à la paix, à la croissance harmonieuse de tout ce qui a été créé, les hommes, les animaux, les végétaux… chacun peut contribuer à une fraternité universelle. C’est ce que nous rappelle avec force, le Pape François dans sa vision d’une « écologie intégrale » (Laudato Si, Titre du Chapitre 4, juin 2015).

Pour les chrétiens, Dieu créateur se révèle aussi Père de toute l’humanité. C’est Jésus-Christ qui nous l’a révélé et qui nous a appris à prier en nous adressant à Dieu avec ces mots : « Notre Père ». Reconnaître Dieu Père de toute l’humanité appelle à reconnaître l’autre comme un frère, quels que soient ses qualités ou défauts, quelles que soient ses origines sociales. Jésus, a révélé tout particulièrement que notre fraternité doit se construire à partir des plus fragiles, de ceux dont la société dénie la dignité et les capacités de coopération.  Donc, si nous nous situons comme chrétiens, comme disciples de Jésus-Christ, nous adhérons à son choix prioritaire pour les plus pauvres, choix qui a été remis en lumière par l’Eglise dans l’ « option préférentielle pour les pauvres[3] ».  En tant que Disciples du Christ nous voulons vivre comme lui, une vie  faite d’attentions à ceux qui sont au bord du chemin, en apprenant une fraternité à partir des plus pauvres…. L’amour de Dieu ne supporte pas l’exclusion. C’est pourquoi, Jésus-Fils de Dieu s’est fait pauvre et solidaire de la vie des humiliés, des rejetés, pour leur ouvrir un chemin de vie, de résurrection à travers sa propre Passion et Résurrection. En tant que disciples de Jésus Christ, nous sommes tous invités à coopérer à sa mission, à rejoindre comme Lui celui qui est écrasé par la vie, rejeté par la société, pour ouvrir des chemins de vie, de  résurrection.  Si je reprends les termes du texte introductif nous sommes appelés à vivre « un apprentissage de l’amour de l’autre tel qu’il arrive et tel qu’il vient » parce que seul l’amour ressuscite les personnes.

Alors comment penser cette mission commune ?

Retrouvez l'intégralité du texte de Gwennola Rimbaut en pièce-jointe ci-dessous.

 


[1] Charte publiée en ligne

[2] Cf. les Semaines sociales de France (2007-Paris), la conférence de Bernard CHEVASSUS-AU- LOUIS (ssf-fr.org)

[3] Expression « option préférentielle pour les pauvres» apparait en Amérique Latine en 1969 (Puebla) puis en 1971 (Medellin) avant de se retrouver dans de nombreux textes magistériels jusqu’à aujourd’hui. Le Pape François. La joie de l’Evangile, n°195, n°197-200. L’expression est donc à l’origine écrite en espagnol, or le mot espagnol « option » aurait dû être traduit par « choix ».

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