Vous êtes ici

Le carnet de Sidoine - 73-12

03 novembre 2012
Print

Jean RODHAIN, "Le carnet de Sidoine", MSC, n°247, décembre 1973, p. 2.

Le carnet de Sidoine

Question 1

- Un de mes amis qui revient d’un voyage en Côte-d’Ivoire prétend avoir vu de ses yeux des cargaisons entières de bananes à la mer. A l’heure où tant d’Africains meurent de faim, est-ce possible ?

Réponse :

- C’est rigoureusement exact. Pour maintenir les prix de vente à un certain niveau on détruit des centaines de tonnes de bananes. Comme on brûle le café ailleurs. Le Créateur a préparé des terres fertiles en suffisance. C’est le gaspillage des uns et le désir du gain chez les autres qui sont les causes premières de la famine. La vraie révolution commence par le changement de l’homme au dedans.

Question 2

- Ma grand-mère dans son testament, nous a légué sa fortune. Mais elle nous a chargé de remettre au Secours Catholique un petit coffret de bijoux dont le produit doit servir à confectionner les calices pour les valises-chapelles. Or ce coffret contient une miniature et deux broches en or que nous aimerions donner à nos enfants comme « souvenir de famille ». Que faire ?

Réponse :

- On nous pose souvent des questions semblables. La réponse est la suivante : faites estimer par un expert-bijoutier le contenu du coffret et remettez un chèque d’une valeur équivalente au service valises-chapelles. Ainsi la volonté de la défunte est respectée et vous conservez un souvenir irremplaçable.

Question 3

- Le « Monde » du 22 novembre dernier a publié en page 6 un témoignage sur la famine en Ethiopie intitulé : « Le jeu de la charité avec les victimes de la famine ». Qu’en pensez-vous ?

Réponse :

- Ce, témoignage semble vraisemblable. Il confirme tout ce qu’ici, à « Messages », le Secours Catholique répète depuis 4 mois sur la famine et sur l’indifférence déconcertante des autorités locales en Ethiopie.
Le fait cité : les passagers de l’autocar qui s’amusent à jeter des morceaux de pain aux enfants qui s’épuisent à suivre les voitures, mérite le nom de scandale, ou de barbarie. Mais sûrement pas le nom de « Charité » laquelle n’a absolument rien à voir avec ces gestes dégradants.

Question 4

- Je lis dans « Messages » de novembre, à la page 6, que le minimum d’une Micro est de 50.000 francs, soit 5 millions anciens.
Or je croyais que les Micro- réa1isations suivant leur étymologie, étaient des « petites réalisations » à la portée d’un groupe ou d’une école désirant réaliser une aide précise au Tiers Monde.
Me suis-je trompé ?

Réponse :

- C’est vous qui avez raison.

Une faute de frappe a été commise. Le minimum d’une Micro en de 5000 francs anciens. En francs actuels il fallait écrire 50 francs nouveaux.

Merci de nous avoir signalé cette erreur monumentale.

Question 5

- On me signale l’œuvre du R.P. Laborde qui dans la banlieue de Calcutta aurait en charge des centaines d’enfants. Que faut-il en penser ?

Réponse :

- Beaucoup de bien. A mon dernier voyage en Inde, j’ai vu le R.P. Laborde à l’œuvre. Il a en charge des enfants sous-alimentés qui ont absolument besoin d’être aidés. Vous pouvez vous adresser au Comité qui depuis Paris aide directement le R.P. Laborde.

Adresse : « Les Amis de Seva-Sangh-Samiti » 18, rue Vineuse, Paris XVI°.

Question 6

- Sidoine, dans le numéro d’octobre nous avait annoncé une comète extraordinaire. Je ne vois rien venir dans le ciel. Et dans les journaux on n’en parle pas.
L’astronome Sidoine serait-il tombé dans un puits, comme dans la fable de La Fontaine ?

Réponse :

- Sidoine n’est pas tombé au fond d’un puits. Au contraire, il s’installe chaque matin, une heure avant le lever du soleil, au sommet de son clocher pour guetter l’apparition de la fameuse Comète de Kohoutek.
Elle sera visible à l’œil nu dès le 1er décembre dans la région sud-est de l’horizon, environ une heure avant le lever du soleil, et à 30° du point où il apparaîtra.

Dans quinze jours tout le monde en parlera. Vous regarderez la Comète. vous verrez les étoiles. Et cela vous fera penser aux Colis-Etoile…