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Je crois au colis

01 novembre 2012
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Jean RODHAIN, "Je crois au colis", MSC, n°258, décembre 1974 - janvier 1975, p. 11.

Je crois au colis

Je crois fermement qu’il faut agir sur les structures locales et internationales, cela ne m’empêche pas de défendre vigoureusement l’importance du colis de Noël. Et si je ne le faisais pas, je tomberais dans la catégorie de ces vieillards nébuleux qui n’ont plus les pieds sur terre.

Il faut avoir connu les longues heures de l’hôpital ou de la prison, ou de la solitude pour savoir le prix d’un colis qui vous arrive. La surprise de l’emballage à décortiquer. Le dialogue avec chaque détail du contenu. La certitude que l’on n’est pas un oublié dans la nuit ..... Cela dépasse toutes les tarifications commerciales.

Le meilleur colis

Le meilleur colis est celui que vous ferez vous-même et que vous porterez personnellement à un vieillard de votre quartier. Rien ne vaut le geste personnel.

Mais, si vous n’avez pas le temps, ou si vous n’avez pas l’autorisation de pénétrer en prison, ou si l’hôpital est trop loin de votre demeure, vous cherchez un bras qui remette de votre part un colis réel pour Noël : voici ce bras et voici ce colis.

Faire un choix

Nous ne cherchons pas à saupoudrer tout le territoire avec des colis. Il faut les réserver à ceux des prisonniers qui sont sans famille, à ceux des malades qui sont oubliés. Cela oblige à regarder et à compter ces « exclus » auxquels ce monde agité ne sait plus prêter attention.

Rechercher le mieux

Ici on cherchera à adapter mieux que l’an dernier la composition du colis suivant les destinataires. Là-bas on s’efforcera de faire du colis un lien direct entre le prisonnier et sa famille. Ailleurs, on visera en priorité à réhabiliter le véritable « esprit » du Noël chrétien. Cette recherche du mieux est excellente, à la condition qu’on ne quitte pas la réalité : c’est-à-dire le service concrètement rendu.

Jean RODHAIN